Le Maître

Des conversations entre le maître et ses disciples, un extrait de 子路第十三 de 论语. Le maître est allé au duché Wei, et c’est RanYou qui l’a accompagné. Quand ils sont arrivés, le maître remarqua : tellement de gens dans ce pays ! C’est sûr que la population du pays a beaucoup augmenté. RanYou répondit : vous avez raison, la population a bien augmenté. Et maintenant, en tant que souverain, que faire ensuite ? Le maître répondit : enrichissez-les ! RanYou poursuit : et s’ils sont déjà enrichis ? que faire ensuite ? Le maître répondit : si c’est le cas, bien éduquez-les ! Le maître dit : qu’un prince m’engage à gouverner son pays, en un an les maux dans la principauté seraient réglés, en trois ans la gouvernance serait achevée. Le maître dit : en temps des désordres, même si un homme qui mérite le royaume apparaît, il lui faudrait une génération pour que la bienveillance et la vertu se vulgarisent.

May 30, 2021 · 162 words · Olivier Ma

Les institutions

Une étude comparative entre les institutions culturelles d’orient et d’occident, un extrait de The Way of Zen d’Alan Watts. Quand on se tourne vers la société chinoise ancienne, on trouve deux traditions « philosophiques » qui jouent des rôles complémentaires : le Confucianisme et le Taoïsme. Généralement parlant, le premier concerne les conventions linguistiques, éthiques, légales, et rituelles qui fournissent la société de son système de communication. Le Confucianisme, autrement dit, s’occupe de la connaissance conventionnelle, et c’est sous la houlette duquel les enfants sont élevés pour que leur nature rétive et fantasque est faite à conformer à la couche draconienne de l’ordre social. Les individus définissent eux même, et leurs places dans la société en termes du formulaire confucéen. Le Taoïsme, d’autre part, est généralement une poursuite des hommes plus âgés, en particulier, des hommes qui ont envie de se retirer de la vie active de la communauté. Leur retraite de la société est un genre de symbole extérieur d’une libération intérieure, une libération des bornes du dessin conventionnel de la pensée et de la conduite. Car le Taoïsme s’occupe de la connaissance non conventionnelle, de la compréhension directe de la vie, au lieu de la pensée représentative qui est abstraite et linéaire. ...

May 22, 2021 · 918 words · Olivier Ma

La réforme de l'église

Un extrait de History of Western Philo de Bertrand Russell. Le début de la réforme d’église remonte à la fondation de l’abbaye de Cluny en 910 par Guillaume le pieux, Duc d’Aquitaine. Cette abbaye était, dès son début, indépendante de toute l’autorité externe sauf celle du pape ; et par ailleurs, son abbé était donné l’autorité sur les autres monastères à laquelle doivent ses origines. La plupart de monastères, à ce temps, étaient riches et laxistes ; Cluny, tout en évitant l’ascétisme extrême, a pris soin à préserver la décence et le décorum. Le deuxième abbé, Odo, était allé à l’Italie, et lui fait donner le contrôle de plusieurs églises romaines. Il n’a pas toujours réussi. L’abbaye de Farfa, divisée par un schisme entre deux abbés rivaux qui ont de surcroît assassiné ses prédécesseurs, a résisté l’introduction de moines Cluniacs par Odo, et a débarrassé par empoisonnement l’abbé que Albéric a installé par force armée, Albéric étant le dirigeant de Rome qui a invité Odo. Dans la douzième siècle la zèle de réforme de Cluny s’était peu à peu diminuée. Saint-Bernard a fait des objections à ses architectures fines ; à l’instar de tous les hommes honnêtes de son temps, il considère les édifices ecclésiastiques splendides un symbole de la fierté impie.

February 14, 2021 · 212 words · Olivier Ma

Han Fei

Un extrait de 中国哲学史 de 冯友兰. Han Fei est le dernier et le plus grand théoricien de l’école des légistes. Avant lui, cette école a déjà trois grandes factions, et toutes les trois ont leurs propres lignes de pensées. La première faction est menée par Shendao, qui est de la même époque que Mencius. Shendao considère le SHI (势), l’autorité et la puissance, comme le facteur le plus important de la politique et du gouvernance. La deuxième faction est menée par Shen Buhai, pour lequel le facteur le plus important est le SHU (术), le méthode et l’art de se servir des gens et de traiter les affaires. La troisième faction est menée par Shang Yang. Pour lui, c’est le FA (法), la législation, qui est le facteur le plus important. Pour Han Fei, tous ces trois sont indispensables. Selon lui, un souverain doit être comme le ciel quand il rédige la loi et quand il la met en vigueur, juste et désintéressé ; il doit être comme le diable quand il fait face aux gens, les manipuler sans qu’ils soient conscients d’avoir été manipulés. Comme le ciel, pour qu’il n’ait jamais tort ; comme le diable, pour qu’il ne soit jamais mis en dilemme. Et d’ailleurs, il faut aussi qu’il soit puissant pour qu’il ait l’autorité et le pouvoir à mettre en vigueur sa volonté et ses ordres.

January 24, 2021 · 229 words · Olivier Ma